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Politique: Peut-on encore dire la vérité?

Emmanuel MacronDans la société actuelle de précarité du travail, le statut des fonctionnaires « n’est plus adéquat »…voilà les mots qui ont failli faire vasciller l’actuel  Ministre de l’Economie.

Etudiant à Sciences Po, bien avant qu’Emmanuel Macron ne fréquente les mêmes bancs de la rue Saint-Guillaume, nous planchions déjà sur le thème: « Doit-on réformer le statut de la fonction publique? »

Il y a dans cette polémique au moins 4 phénomènes inquiétants:

  1. Un responsable de cette qualité  ne pourrait-il plus poser les bonnes questions alors que c’est l’essence même de la politique ?
  2. La France souffrirait-elle d’ « anesthésie politique » en ce sens qu’en dépit des multiples  lourdeurs de notre système économique et politique ( marché du travail rigide, système politico-administratif  pléthorique…), aucun débat ne pourrait s’ouvrir pour aller dans le sens de la société?
  3. Une mauvaise foi doublée de démagogie politique d’ ultra-conservateurs qui agitent l’épouvantail à grand renfort de lobbys et d’outils médiatiques..« A quoi sert d’être ministre sinon d’agir ? » se posait la question Alain Madelin, alors Ministre de l’Economie pour 3 mois !
  4. Mais le plus intéressant est de voir comment les médias ont su créer de l’extraodinaire dans un propos qui est assez ordinaire !

Il serait bien dangereux pour la politique et pour la France que le débat politique  ne s’enferme que dans les querelles humaines…Les prochaines élections en seront encore sans doute un test.

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Un bon cru 2012 !

2 vainqueurs ?

Depuis 1981 et l’excellente campagne électorale qui opposa 2 très bons candidats, VGE et F Mitterrand, jamais une campagne n’aura été aussi passionnante:

1988: J Chirac n’était pas prêt, trop impulsif face à F Mitterrand, Président sortant d’une cohabitation usante pour J Chirac.                                                           1995: malgré les valses-hésitations du camp de la droite ( cf la présence gênante d’E Balladur), J Chirac apparaît comme l’homme providentiel et aguerri face à L Jospin qui n’a pas donné « envie » aux Français.

2002: sans doute la plus triste des campagnes, sans aucun relief puisque le 21 Avril, au soir du premier tour, J Chirac a déjà gagné la présidentielle opposé à JM Le Pen, sans débat.

2007: Sarkozy surplombe une S Royal qui ne trouve pas sa place dans la campagne.

En 2012, les deux candidats jouent parfaitement leurs rôles, chacun dans leurs registres:

Sarkozy, challenger pugnace, excelle dans ses discours vibrants de ses meetings combles où flottent les drapeaux français,  haranguant les foules avec une verve dont lui seul a le secret. Meilleur en meeting qu’à la TV, Sarkozy aime le réel, toucher, convaincre tel un avocat en pleine plaidoirie. Un talent oratoire extraordinaire qui fait du bien dans une France morose.

Hollande, favori des sondages, serait en train de réaliser ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’auraient imaginé. Devenir Président de la République, dès sa première tentative, sans jamais avoir exercé la moindre fonction gouvernementale. Le talent d’Hollande est d’abord de savoir parler aux Français, de trouver les mots justes et le bon ton. Son deuxième talent est de savoir écouter ceux qui l’entourent, que je connais à titre personnel, et d’être parfaitement coaché pour cet exercice qu’il est en train de réussir.

Sarkozy/Hollande? le match semblerait déjà joué mais quel que soit le résultat, ces deux candidats nous auront offert une belle démonstration de professionnalisme politique.

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Présidentielles 2012: Tout est encore possible si….

Borloo, Premier Ministre?

Encore une fois, les vrais perdants de ce premier tour sont les instituts de sondage qui propulsaient Mélenchon comme le troisième homme, prédisaient Hollande à + de 30 % et minimisaient Le Pen à moins de 15%. Jusqu’au 4 mai, date officielle de fin de la diffusion des sondages pour le second tour, nous aurons  droit à la fin annoncée du sarkozysme à la tête de l’Etat.

Pourtant pour Sarkozy, tout est encore possible si….

– il annonce la nomination de  Borloo, comme futur Premier Ministre avec également un poste clé, à la tête d’un ministère de l’économie et des finances par exemple,  confié à Rama Yade, tous les deux issus de la droite radicale et sociale. L’état actuel de notre pays nécessite une justice sociale et une droite douce du point de vue économique et fiscal. Rien n’empêche d’être de droite et de prôner en même temps la justice sociale.  Au contraire. Par ailleurs, du point de vue de l’analyse politique, la nomination d’un radical centriste à Matignon serait aussi une bonne manière d’attirer les électeurs de Bayrou vers le vote Sarkozy.

– il maintient et durcit sa position contre le vote des étrangers aux élections locales. Cette proposition relève de la pure démagogie politique et s’avère contraire à la tradition française. La France, longtemps considérée par le Vatican comme la fille aînée de l’Eglise, perdrait son identité, ses traditions et ses valeurs. Face à Hollande, Sarkozy doit amplifier son image de défenseur de la France et du drapeau français. En ce sens, autant il doit adoucir son discours économique et social, autant il devra durcir celui sur la tradition française et sur le socle chrétien de la nation.

– il réussit son débat du second tour face à un Hollande, habile débatteur, maniant humour, ironie et messages subliminaux. Sarkozy devra faire tomber le masque et les points faibles d’une Martine Aubry, à la fois peu populaire et premier ministrable potentielle . Tout l’enjeu de Sarkozy durant ce débat sera de dévoiler le projet sociétal de Hollande et d’aller au coeur du programme du candidat de gauche.

Pour Sarkozy, pour reprendre son slogan vainqueur de 2007, tout est encore possible si…

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La crise de 2011 ou la défaite du politique

La Liberté guidant le peuple

Et si la crise  que nous vivons  actuellement dans le monde occidental et en particulier en Europe était simplement une crise  du  politique?La crise d’aujourd’hui que beaucoup souhaiterait assimiler à une simple crise de la dette est en réalité une crise du système  politique dans son incapacité à se réformer et à celle de réformer la société. Et pour qu’une réforme fonctionne, elle doit toujours commencer par sa tête, par ses élites gouvernantes, par le haut. Or, l’erreur de nos gouvernants actuels est de toujours réformer par le bas de la société en imposant des règles de rigueur trop strictes aux classes moyennes avec des conséquences graves sur  les classes défavorisées. Je citerai au moins 3 liens relatifs à la réforme du politique qui pourraient donner l’ exemple  d’une réforme globale à suivre:

1. Politique et Argent: Dans notre contexte de rigueur, seul le monde politique semble épargné de tout plan d’austérité. L’Etat, les collectivités publiques, en faillite,  doivent donner l’exemple d’un train de vie beaucoup plus modeste, beaucoup moins arrogant, dans le même esprit que les réformes réussies dans les pays scandinaves où voitures de fonctions, chauffeurs …et tout symbole d’indécence ont été remplacé par des vélos, et les  indemnités des élus divisés par 2 voire par 3!!!La fin du cumul des mandats que je préconise depuis des années devient une nécéssité républicaine.

2. Politique et Compétence:  en démocratie, sous certaines conditions d’éligibilités, tout électeur peut se porter candidat à une élection. Parfait. Toutefois, un  devoir de formation initiale et continue aux notions d’intérêt général, de service public, de bien collectif devrait être imposé à tout élu. Les règles du jeu du privé et du public ne sont pas assimilables. C’est parce que ce devoir de formation des élus à ces notions n’est pas suffisament assuré que les nombreux conflits d’intérêt surgissent en faisant tous les jours les choux gras de la presse et décridibilisent, de surcroît,  le politique.

3. Politique et Justice: l’élu doit retrouver, comme ce fut le cas sous les III et IV° République, une image d’exemplarité, en particulier dans son action quotidienne. Empreint d’intérêt de sa collectivité, l’élu doit être suspendu dès une mise en examen: aujourd’hui, toutes les strates d’élus sont concernés: qu’il (ou elle) soit Président de la République ou simple élu local, l’élu doit être suspendu de ses fonctions dès sa première mise en cause par la justice.

Si la démocratie commence par se réformer d’elle-même, à travers l’exemplarité de l’image qu’elle peut refléter dans l’opinion publique, en étant plus humble, plus compétente, moins soumise au verdict des juges, alors la société acceptera des réformes de rigueur qu’on demande au peuple. Si le peuple est seul à réparer les errements du système démocratique, en dichotomie totale avec la vie de ses élites politiques, alors oui, on pourra se poser la question de savoir si nous sommes en 1788 …

 

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Faut-il s’inquiéter de la dette?

poids de la dette

Dans le cadre des conférences-débats animés par Didier Davitian, Président du Groupe Provence des Sciences Po, les membres des grandes écoles de PACA se sont retrouvés à Marseille le Vendredi 25 novembre dernier en présence de Mesdames Danièle Lamarque, Présidente de la Chambre Régionale des Comptes et Claude Reisman, Directrice Régionale des Finances Publiques de PACA pour échanger sur la dette. Ci-dessous un article issu de La Provence

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Un Sénat à tout jamais perdu par la droite? Pas sûr….

L'entrée du Sénat

En apparence, la messe est dite. Un Président furtif et sortant, Gérard Larcher, qui aurait minimisé la forte poussée de la gauche et qui quitte ses luxueux appartements du Petit-Luxembourg presque sur la pointe des pieds…Un Président entrant, Jean-Pierre Bel, habile manoeuvrier, fin et subtil, croyant depuis toujours en ses chances sans ostentation mais avec prudence et stratégie de réseaux selon les us et coutumes du Sénat. En ce sens,  le nouveau Président du Sénat n’est pas un Président de rupture mais plutôt un digne successeur de Christian Poncelet auquel il a rendu hommage dans son discours d’accession au plateau. Ce même Christian Poncelet qui s’est lui-même levé et incliné devant le nouveau Président.

Ne nous trompons pas. Le Sénat à gauche n’est pas une donnée immuable et inamovible comme on croyait qu’il serait à droite ad vitam aeternam.  Tout est désormais possible même au Sénat qu’on croyait figé, statufié, momifié. Et si, comme l’Assemblée Nationale, le Sénat connaissait enfin la possibilité de l’alternance au gré de chaque renouvellement pour moitié , soit tous les 3 ans?

Et qui sait lors du prochain renouvellement en 2014? Et si les élections municipales de 2014 étaient portées par une vague bleue,  comme celles de 2008 l’ont été par une vague rose, faisant ainsi entrer des grands électeurs sénatoriaux à majorité de droite?

Et si la droite redevenait majoritaire au Sénat en 2014, qui  pourrait briguer la présidence du Sénat? Patron du groupe UMP au Sénat et  fin connaisseur de la Haute Assemblée, devenu  avec le temps  sage parmi les sages,  Jean-Claude Gaudin serait alors le plus légitime et le mieux placé pour ravir le plateau à la gauche. Expert en combats électoraux même les plus difficiles, Jean-Claude Gaudin saura saisir sa dernière chance d’accéder au plateau d’autant que pour la première fois de sa belle carrière de sénateur, la présidence du Sénat serait bien à sa portée, surtout dans la foulée d’une éventuelle 4° victoire à la Mairie de Marseille…

Tout ceci n’est aujourd’hui que fiction mais qui sait ?

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