Archive for décembre 2012

Bernard Tapie ou le retour du prodige ?

Bernard Tapie

Et si finalement La Provence  et la provence avaient besoin de Bernard Tapie ?

Et si finalement  le retour de Bernard Tapie à Marseille ressemblait à celui du Général de Gaulle en 1958, tant la situation de Marseille aujourd’hui pourrait être comparée à celle de la France de 1957:

Une économie qui a atteint son point critique, une base patronale peu écoutée à Marseille, en particulier  dans les grandes décisions locales ( pour preuve MP 2013  est récemment passée sous la responsabilité du Préfet de Région), un niveau d’endettement public qui a atteint ici des records..

Les syndicats ( CGT au port et FO à la Ville et à MPM) qui semblent imposer leurs décisions  face à un monde politique local à qui ne resterait que l’illusion du pouvoir et de la  parole.

Enfin, une gauche locale qui semble de plus en plus divisée   face à une droite qui paraît  se retrouver dans une impasse face à une actualité marseillaise qui amoncelle  les actes de malveillance, les règlements de comptes divers et un sentiment d’insécurité grandissant.

Et si Marseille avait finalement besoin d’un électrochoc pour rêver de nouveau?

Et si Marseille, sous la houlette d’un leader charismatique comme l’est Bernard Tapie, avait besoin d’un renouvellement des savoirs faire, des savoirs être?

En tout cas, le mérite du retour de Bernard Tapie va être de faire douter la classe politique locale installée dans un confort qui est devenu trop routinier pour être efficace. Bien évidemment,  de l’extrême gauche à l’extrême droite, tous vont se réunir contre lui; un phénomène assez classique face à un leader qui peut faire changer le système.

Aujourd’hui, en politique, il faut de l’audace, il faut un esprit d’entreprise pour retrouver le chemin de la bonne gestion et il faut savoir réenchanter le peuple, trop déçu par l’incompétence et  les manoeuvres  en tout genre.

Rêvons de nouveau !

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Lucien Sfez, le maître de la communication moderne

Lucien SFEZ

En matière de droit, d’économie, de médecine etc…les auteurs et les références sont nombreux. Les amphithéâtres, les rues,  portent les noms de grands théoriciens,  des fondateurs de notre Etat et de notre civilisation.

Mais dans le domaine de la communication, quels sont sont les références, les auteurs, ceux qui ont marqué cette discipline.

La communication est aujourd’hui confrontée à ce type de paradoxes:

– alors qu’elle n’a jamais  été aussi professionnelle et organisée qu’aujourd’hui, la communication fait l’objet d’une grande défiance. Elle est la matière dont on se méfie car elle est susceptible de cacher certaines vérités. « Faire de la com ! » n’est pas aujourd’hui le meilleur compliment adressé à un chef d’entreprise ou à un politique.

– les décideurs économiques et politiques semblent de plus en plus s’abriter derrière les spin doctors, professionnels de la communication mais qui se révèlent être davantage des spécialistes de coups médiatiques que de véritables stratèges  d’une organisation pérenne.

Plus que jamais, alors que la communication attire les étudiants, peut-être par des fausses paillettes, le bon communicant doit s’inspirer des bons théoriciens, comme un bon économiste fait référence à une ligne de pensée ( keynesienne et/ou libérale).

Lucien Sfez, né en 1937 à Tunis, agrégé de droit public et de sciences politiques, auteur de nombreux ouvrages sur la communication est aujourd’hui la référence en cette matière.  Il ne s’agit pas de s’agiter pour être un bon communicant, il s’agit simplement de parler juste. C’est bien son cas ; il en est le maître.  Parmi les nombreux concepts qu’il a inventé, celui de tautisme mérite aujourd’hui un éclairage particulier.

Dans son ouvrage Critique de la communication de 1988 (je tiens à souligner la date), Lucien Sfez invente ce néologisme qui résume à la fois autisme et tautologie. « Je répète donc je prouve ». En 1988, Sfez nous indique qu’avec la généralisation des  NTIC, la communication enfermera l’esprit humain dans un cadre étroit où la répétition du même message formatera le cerveau et la réflexion deviendra univoque. 25 ans après, sa crainte semble se justifier.

En communication,  totalitarisme, autisme et tautologie deviennent synonymes.

Là encore, comme toujours, la formation individuelle, la curiosité intellectuelle, l’éducation libèrent l’esprit de ces contraintes du cerveau. L’homme libre est celui qui réfléchit par lui-même. Comme le dit Lucien Sfez, la généralisation des NTIC et l’accès facile au savoir et à la connaissance peut libérer l’homme, à condition de s’y préparer. Dans le cas contraire, il peut l’enfermer dans une sorte de  « totalitarisme cérébral « , qui se révèle être le plus grand danger de l’esprit et  au final, de la condition humaine.

 

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Sur l’honnêteté ..

Honnêteté en chinois

Au XVII s, l‘honnête homme a une culture générale étendue et les qualités sociales propres à le rendre agréable. Il se doit de se montrer humble, courtois et cultivé mais aussi de pouvoir s’adapter à son entourage. Au nom de la nature, il refuse tout excès et sait dominer ses émotions.

Aujourd’hui , qu’est-ce  un honnête homme? Les faits divers les plus sordides envahissant notre quotidien d’atrocités, de meurtres, de mesquineries, de mensonges,  ont modifié la définition de l’honnête homme. Il est celui qui croit et représente les valeurs de moralité, celui dont la conscience guide son action privée et publique; celui dont l’éthique personnelle et le discours demeurent inchangés au gré des intérêts privés divers.

Aujourd’hui, l’honnête homme, en particulier lorsqu’il exerce une action publique,  est transparent et soucieux de  faire partager ses convictions au plus grand nombre par le débat ouvert plutôt que par le complot secret et fermé.. Conviction est bien le terreau sur lequel s’enracine l’honnête homme. De plus en plus rare, l’homme de conviction se bat pour ce qu’il croit de bon, exprime ses idées en public et ose s’exposer au débat, en présence de ses contradicteurs.

Notre société ouverte à la communication multiforme connaît pourtant ce paradoxe : alors que les supports de communication sont de plus en plus nombreux,  les promoteurs de nouvelles idées, les plus courageux ,  se font de plus en plus rares . Notre société a ainsi tendance à répéter ce qui  ce dit, sans se renouveler, en se renfermant, en se sclérosant.

Pour ma part, je crois au débat, je crois au bonheur d’échanger les yeux dans les yeux de manière constructive et dans l’honnêteté intellectuelle et humaine. C’est ce que j’essaie de faire régulièrement dans le cadre des déjeuners-débats que j’organise régulièrement avec les Alumni Sciences Po et les membres des grandes écoles de Paca. Bien sûr qu’il est illusoire de penser être d’accord sur tout et avec tout le monde mais aimer convaincre et séduire est un véritable bonheur que j’essaie aussi de transmettre à mes étudiants pour qu’ils soient heureux de trouver une voie ouverte vers l’honnêteté.

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