Archive for septembre 2011

Le Sénat à gauche oui, mais pour quoi faire?

L’hémicycle du Sénat

Depuis 1969 et l’échec du Général de Gaulle à vouloir réformer le Sénat, la question de la réforme de ce que les constitutionalistes appellent la Haute Assemblée se pose quels que soient les gouvernements: qualifié d’ anomalie de la Démocratie par Lionel Jospin alors Premier Ministre de cohabitation de Jacques Chirac en 1998, le Sénat a toujours éveillé les suspicions sur sa légitimité et son efficacité: un mode électoral fermé et fondé non pas sur le suffrage universel direct mais indirect, un travail parlementaire trop long, une représentation de ses élus insuffisamment ouverte aux femmes ou aux jeunes..

Bref, malgré les réformes des Présidents Christian Poncelet et Gérard Larcher, le Sénat n’a pas réussi à se moderniser ni aux nouvelles technologies ni à l’évolution de la société française.

Par ailleurs, notre système politique bicamériste (les 2 chambres que sont l’Assemblée Nationale et le Sénat) se trouve aujourd’hui au centre de vives critiques.

D’abord, en ce qui concerne l’efficacité de ce qu’on appelle la navette parlementaire ( entre le Sénat et l’AN) trop longue et ralentissant le processus d’adoption d’une loi, dans un monde économique et financier qui prend de distance le processus politique. Parfois, une loi adoptée est déjà obsolète tant le temps d’adoption d’une loi est dépassé à cause des lourdeurs du bicaméralisme.

Ensuite, dans un Etat en faillite, pour reprendre l’expression de François Fillon en 2007, le budget du Sénat s’élève à 343 M€ sans compter les dépenses du Musée  et du Jardin du Luxembourg. De la même manière que la réforme des collectivités locales aboutirait à une quasi-fusion des Régions des Départements ( ce qui devrait enfin conduire à une réduction du nombre des élus et des fonctionnaires territoriaux), on pourrait également envisager une fusion du Sénat et de l’Assemblée Nationale, dans ce double objectif de rendre plus efficace le processus parlementaire et de réduction des coûts de l’Etat. De plus, la vente du Palais du Luxembourg et des symbôles d’un Etat dispendieux permettraient quelques économies  de fonctionnement que notre Budget national ne peut malheureusement  plus supporter.

Enfin, un Sénat à gauche qui prendrait la décision courageuse de supprimer le Sénat, comme la gauche l’a toujours préconisé depuis, serait peut-être l’occasion de mettre en place une République plus moderne, plus juste , plus rapide et moins couteuse qu’Arnaud Montebourg appelle de ses voeux dans son plaidoyer pour l’avènement d’une VI° République.

Mais ne rêvons pas trop…

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La fin des marchés financiers ?

Wall street

Assistons-nous à la fin des marchés financiers?  Cette question pourrait bien paraître hors d’actualité  alors que beaucoup de commentateurs voient à travers les marchés financiers les nouveaux maîtres du monde faisant tomber de grandes entreprises, pariant sur la chute des Etats, provoquant à la hâte des réunions au sommet entre Chefs d’Etat, lesquels se révèlent impuissants face au volume et à la vitesse de circulation des mouvements de capitaux dans le monde…

Et pourtant, à regarder de plus près,  les marchés financiers sont, sans doute, en train de creuser leurs propres tombes..

Pour rappel, la Bourse est un lieu d’échanges entre offreurs et demandeurs de titres représentants la valeur intrinsèque d’une entreprise . Plusieurs compartiments y sont représentés et les produits qui circulent sont de plus en plus sophistiqués, souvent impossible à comprendre pour les  non-initiés.

La base essentielle du marché financier est qu’une entreprise s’introduit en Bourse pour lever des capitaux afin d’assurer son développement futur. Chaque année un rapport  d’activité est dressé faisant un état chiffré de l’entreprise et des perspectives de son développement. L’achat de titres d’une entreprise est motivée sur du concret, sur des résultats, le management, la qualité des hommes, la solidité et la notoriété de sa marque et les perspectives de son développement. Quand ces critères sont réunis, le cours du titre d’une entreprise monte et inversement quand ces critères font tout ou partie défaut à une entreprise.

Bien sûr, des considérations macro-économiques peuvent entacher ce bon fonctionnement: la crise de 29, les guerres,  les bulles ( immobilières, internet..), l’attentat du 11 septembre….Mais les marchés ont toujours su  résister et rebondir à ces crises parce que l’espoir d’un avenir économique meilleur l’a toujours emporté dans le passé…

Ce n’est malheureusement plus le cas en cette fin 2011: D’abord parce que le problème des dettes souveraines posé par les marchés financiers est macro-économiquement insoluble: comment réduire une dette accumulée depuis + de 30 ans dans un contexte déflationniste ( l’inflation épure la valeur réelle de la dette) et de décroissance économique (la croissance permets des rentrées financières et fiscales) ? Ensuite, parce que des nouveaux acteurs très influents gagnent davantage à parier à la baisse qu’à la hausse: les agences de notation, les hedge funds et les médias sont les vrais gagnants de ces crises . Jamais ces 3 acteurs n’ont autant accru leurs chiffres d’affaires  qu’en pariant sur la chute des Etats ou des entreprises ou en vendant la peur…Enfin, les Bourses, au plus bas, et sans plus aucun espoir de hausse, n’attirent plus les entreprises, ni les investisseurs..

Le paradoxe est qu’aujourd’hui gagner en Bourse c’est parier à la vente ( souvent à découvert) à partir d’une vraie ou fausse rumeur ( faillite de la Société Générale! ), d’une vraie ou fausse catastrophe…bref de l’abstrait et du sensationnel alors que l’essence de la vie économique est fondée sur du concret, de la confiance qui crée  les conditions de la croissance.

Comme les ménages, les entreprises ou les Etats, les Bourses peuvent  également faire faillite, quand par exemple l’ensemble des actions des  entreprises vaudront moins de 1€ et qu’aucune transaction ne circulera.

La guerre financière actuelle  et l’incompétence de nos politiques vont finir par ruiner notre système de financement des entreprises qui a pourtant traversé toutes les épreuves de notre histoire économique .  Comme l’avait théorisé le Professeur Merton, les prophéties, surtout quand elles sont apocalyptiques, peuvent se révéler auto-réalisatrices.

Espérons qu’il en soit autrement !

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